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Trait d’union entre l’US Nœux et le RC Lens, qui s’affrontent en Coupe de France vendredi à 18h30, l’ex-sélectionneur de l’équipe de France, qui a coaché les deux clubs, évoque un 7e tour qui remue forcément la boîte à souvenirs.

Non, la carrière de Gérard Houllier, ce n’est pas seulement ce regard livide, un soir de novembre 1993, alors que les Bulgares viennent de saboter les chances des Bleus d’aller à la Coupe du monde américaine.

Bien avant le coup de poignard de Kostadinov, le technicien avait exercé dans le Pas-de-Calais. Avec une certaine réussite. Après trois saisons passées au Touquet, le Thérouannais n’a que 29 ans, en 1976, lorsqu’il s’asseoit sur le banc de Nœux-les-Mines. «Ce n’était pas une grande ville, mais on y a vécu des moments extraordinaires. J’ai encore au fond de moi tout le bonheur partagé avec les supporters. On a d’abord remporté le titre de D3, avant de vivre trois belles années en D2.» En 1981,les Noeuxois sont même aux portes de l’élite. Ils battent Toulouse lors du barrage d’accession aller (2-0) mais craquent au retour (0-5). « On est passé si près...»

La saison suivante, devant 15 432 spectateurs à Lens, le club minier tape le FC Nantes d’Halilhodzic en Coupe de France (2-1). Comme bon nombre de ses équipiers, Patrick Gosset, double buteur et héros de la soirée, est embauché chez Leroy-Merlin, principal sponsor du club. « Derrière, on est sortis par le PSG, se remémore l’entraîneur. Les matchs de coupe à Bollaert, c’était spécial. Dommage de ne jamais avoir joué contre le Racing dans cette compétition, c’eut été sympa.»

« Avec Noeux, on est passé si près de la D1... »

S’il n’affronte pas les Sang et Or, Houllier va les coacher entre 1982 et 1985. «Entraîner Lens n’était pas dans mes plans, même si j’en étais supporter, se souvient-il.Je n’y avais jamais pensé auparavant. C’est Romain Arghirudis, directeur sportif de l’époque, qui est venu me chercher. » Dès sa première saison, il qualifie le Racing en Coupe de l’UEFA. Sous ses ordres ? Daniel Leclercq, Philippe Vercruysse, Didier Sénac ou Daniel Xuereb. «On avait ensuite joué contre trois clubs belges : la Gantoise, Anvers et Anderlecht. Avec notamment le fameux but du caillou.» Après deux saisons plus compliquées, il quitte la région pour filer au PSG et devenir champion de France en 1986.

Gérard Houllier ne sait pas s’il sera à Bollaert-Delelis vendredi. « J’hésite encore.» L’US Noeux a-t-elle une chance de poursuivre l’aventure ? « Franchement, je ne le pense pas. La coupe, c’est spécial. Aujourd’hui, il y a trop d’écart entre les deux équipes. Au début des années 1980, c’était différent.» Et de souffler une nouvelle fois : « Ah, oui, c’est vraiment dommage de ne pas les avoir affrontés à l’époque.»


Source : La Voix du Nord